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CM14 à Yaoundé: le MINPMEESA au coeur d’un plaidoyer structuré pour remplacer les PME au commerce mondial.

En marge de la Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (CM14) en cours à Yaoundé, un panel ministériel de haut niveau s’est tenu le 27 mars 2026 dans le cadre des événements parallèles, à l’initiative du Centre du commerce international (ITC) de Genève, avec l’appui du Centre du commerce pour le développement durable. Cette rencontre a réuni autour du Ministre camerounais des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, des personnalités de premier plan, notamment la Secrétaire d’État suisse aux affaires économiques, Monica Ribiolo, et la Ministre costaricienne du Commerce et de l’Industrie, Patricia Rojas, offrant ainsi une représentation équilibrée des Amériques, de l’Europe et de l’Afrique autour des enjeux liés aux PME.

Axée sur le thème du renforcement de la participation des PME au commerce international, cette session a permis de mettre en lumière les limites structurelles du système commercial multilatéral actuel. Comme l’a souligné Achille Bassilekin III, les règles en vigueur « offrent la part belle aux grandes entreprises », laissant les PME confrontées à des obstacles majeurs, notamment en matière d’accès à l’information commerciale, de maîtrise des instruments techniques comme les enquêtes antidumping ou encore de compréhension des mécanismes d’accès aux marchés. Autant de services qui, selon lui, relèvent essentiellement de l’intervention des pouvoirs publics.

Dans ce contexte, le Ministre a rappelé l’évolution du cadre institutionnel au sein de l’OMC, marquée depuis la 11e Conférence ministérielle de Buenos Aires en 2017 par la mise en place d’un groupe de travail dédié à la participation des PME au commerce mondial. Initialement informel, ce cadre s’est progressivement structuré et trouve aujourd’hui à Yaoundé une étape d’évaluation et de réorientation, en lien avec les nouvelles priorités du système commercial multilatéral.

Les discussions ont également permis de faire le point sur les avancées enregistrées depuis la première rencontre ministérielle mondiale des PME tenue à Johannesburg en juillet 2025, qui avait identifié trois axes d’action prioritaires : l’amélioration de l’accès au financement, la transition verte et la transformation numérique. Sur ce dernier point, le Cameroun s’illustre par des initiatives concrètes, notamment à travers la mise en place d’une banque publique dédiée au financement des PME, l’une des rares en Afrique subsaharienne, ainsi que le renforcement de ses capacités avec l’appui de partenaires tels que la Banque mondiale. À cela s’ajoute le déploiement du Plan d’accélération de la transformation numérique (PATNUC), piloté par le ministère des Postes et Télécommunications, et les engagements du pays en faveur de la transition écologique.

Pour Achille Bassilekin III, l’enjeu est d’autant plus crucial que le tissu économique camerounais soit constitué à 99,8 % de PME, faisant de leur intégration au commerce international une condition essentielle de la croissance et du développement. « La participation au système commercial multilatéral n’a de sens que si nos PME peuvent effectivement exporter des biens et des services », a-t-il insisté.
De son côté, Escipion Oliveira-Gomez, Directeur de la Division des Programmes à l’ITC, a salué la portée de cette rencontre, inscrite dans la vision portée par la Directrice exécutive de l’institution, Pamela Coke-Hamilton, visant à placer les PME au centre des discussions commerciales internationales. Il a souligné la convergence des défis auxquels elles font face, qu’il s’agisse de l’accès au financement, de la formalisation ou encore des capacités productives, déterminant des contextes géographiques. Cette réalité commune plaide en faveur de solutions concertées et d’une mobilisation accumulée pour permettre aux PME d’influencer les négociations commerciales à l’OMC.

Au-delà des échanges techniques, ce panel de Yaoundé s’inscrit ainsi dans une dynamique globale visant à bâtir un environnement commercial plus inclusif, où les PME ne seraient plus en marge, mais pleinement intégrées aux chaînes de valeur mondiales. À l’horizon 2027, avec la tenue de la deuxième Conférence ministérielle mondiale des PME, les conclusions de Yaoundé pourraient contribuer à redéfinir les règles du jeu du commerce international, au bénéfice d’un développement économique plus équitable et durable.

source Celcom Minpmeesa

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