
Pratiquement toutes les fois qu’il est question de gouvernance, deux sujets remontent à la surface. Tout d’abord, la gouvernance politique, notamment le processus de décentralisation présentement en marche, lequel processus vise à accorder davantage de marge de manœuvre à nos collectivités territoriales décentralisées. Vient ensuite la lutte contre la corruption orchestrée, elle, par un certain rapace dont le spectre tournoie, telle l’épée de Damoclès, sur les gestionnaires indélicats de la fortune publique.
La gouvernance sécuritaire, lorsqu’elle est enfin évoquée, renvoie très souvent à une espèce de gymnastique intellectuelle seulement réservée aux professionnels du maintien de l’ordre. Sans se douter que dans les faits, ce maintien de l’ordre ne représente qu’une infime partie de tout un vaste édifice fondé sur la réflexion proactive, la recherche de potentielles menaces multiformes, l’anticipation, la planification, le tout débouchant sur l’action concrète sur le terrain.
À l’instar de ses consœurs politiques et économiques, pour ne citer que celles-ci, la gouvernance sécuritaire se situe essentiellement en amont des problématiques sociales. De manière implicite ou explicite, tous les acteurs de la communauté nationale participent aussi bien à son élaboration qu’à sa matérialisation. La gouvernance sécuritaire s’attèle en effet à connaître au mieux non seulement les divers courants d’influence qui façonnent la société, mais également la philosophie de milieux particuliers, ceci pour avoir les coudées franches au moment de la prise de décision, la préservation de l’intérêt général résultant d’un savant dosage entre les contraintes que sont le respect de la loi, l’autorité de l’É, et les limites inhérentes au respect des droits et libertés du citoyen, souci prééminent entre tous.
Les analystes des remous sociaux qui secouent de nombreux pays de par le monde, attribuent ces soubresauts parfois dévastateurs, à une maladresse avérée des institutions étatiques dans la conduite des affaires liées à la sécurité morale et physique des personnes et des biens. À croire ces observateurs, les malversations en tout genre, notamment les trafics illicites d’influence, d’armes et de stupéfiants, le grand banditisme et la grande criminalité, la dépravation des mœurs, entre autres causes de mécontentements, ne seraient que les conséquences des manquements des responsables publics.
Si l’insatisfaction des attentes peut être comprise comme étant une raison valable à l’expression des frustrations au demeurant recensées et endossées par les pouvoirs publics qui s’attèlent à leur résorption, l’on devrait, par l’éthique et la morale, s’interroger sur l’activisme de certains groupes locaux de conditionnement aux buts les plus insolites. Tout autant, l’on devrait scruter l’action de certains expansionnismes culturels, politiques, économiques, médiatiques et humanitaires, tous coercitifs et inquisiteurs, tous campés derrière l’étendard d’un libéralisme défrontiérisé, et pire, déconscientisé.
Dans le seul but d’exercer une gouvernance sécuritaire qui garantisse du mieux possible l’intégrité de la dignité humaine, l’État du Cameroun maintient la permanence de ses efforts de socialisation. Une option qui se matérialise par le truchement d’initiatives telles que la sécurité de proximité, le maintien de l’ordre à visage humain, la gestion démocratique des foules, ou encore la systématisation du volet socio-humanitaire dans les opérations militaires.
La consécration de cette politique se traduit par le constant appui de nos populations dans la chasse aux fauteurs d’insécurité. Le renseignement qu’elles fournissent permet en effet aux instruments spécialisés, d’appréhender les auteurs des crimes et délits, de démanteler les gangs armés, de faire avorter des conspirations, et de porter des coups sévères aux filiales de l’internationale terroriste.
Les succès à répétition de nos Forces de Défense et de Sécurité contre les bandes armées fondamentalistes et séparatistes, l’anéantissement de la piraterie maritime, la sérénité de l’activité sociale dans les zones frontalières, sont quelques-unes des manifestations les plus visibles de cette gouvernance sécuritaire inclusive, qui découle elle-même de la défense populaire, fondement cardinal de notre résilience nationale./-
Divcom MINDEF






