
Il y a quelques semaines de cela, dans le cadre de ce même programme Honneur et Fidélité, nous faisions apparaître aux yeux de l’opinion une nouvelle philosophie du maintien de l’ordre d’essence camerounaise. Nous parlions alors du Maintien de l’ordre Sympathique. Un concept qui ne fait pas que s’ajoute à d’autres plus anciens tels qu’une main de fer dans un gant de velours, le maintien de l’ordre à visage humain, la gestion démocratique des foules.
Ces concepts révélateurs d’un état d’esprit avaient en commun la noble ambition de fluidifier davantage les interactions entre les forces de maintien de l’ordre et les populations, notamment en contexte de troubles dans le fonctionnement normal de l’activité sociale. Dans les faits, il s’agissait de rendre moins systématique le recours à la force, tout en atténuant du mieux possible les éventuels effets dommageables susceptibles d’être provoqués par son application.
Mais après mûre réflexion, et dans un processus continu de recherche de la perfection, il s’est avéré nécessaire de considérer la foule de manifestants, non plus comme un groupe de cibles ennemies à neutraliser parce que potentiellement

dangereuses, mais comme un groupe de citoyens surexcités qu’il convient d’apaiser. Ceci passe par la réduction de la distance physique et cognitive entre manifestants et représentants de la force publique, les deux camps devant n’en faire qu’un, les manifestants étant eux aussi des protagonistes du maintien de l’ordre.
La gestion tout en souplesse des foyers identifiés de troubles analysés de la récente période post-électorale est sans conteste la manifestation la plus éclatante de cette mutation doctrinale. Au cours de multiples face-à-face tendus dans les artères de nos grandes agglomérations urbaines, et alors que des affrontements musclées étaient à redouter, l’on a plutôt vu des soldats de tous les rangs et grades prendre l’initiative d’échanges amicaux avec des citoyens chauffés, surchauffés à blanc. Des hommes, des femmes et des mineurs visiblement désespérés par une certaine propagande de l’illusion et du mensonge.
Des hommes, des femmes et des mineurs dont la grande majorité va finalement renoncer aux violences, pour rester dans les rangs de la légalité républicaine, simplement parce qu’ils se sentiront soutenus comme étant de respectables citoyens à part entière. Certes, des vies humaines ont été perdues, malheureusement. Mais il s’agit d’individus sortis non pas pour exprimer leurs frustrations, mais pour tout détruire sur leur passage, quitte à s’en prendre frontalement aux forces de maintien de l’ordre.
C’est donc le lieu ici d’en appeler à la vigilance patriotique de tous et de chacun, dans le but d’empêcher que l’intelligence de nos populations laborieuses ne devienne le banc d’expérimentation d’une ingénierie sociale servant les intérêts d’idéologies radicalistes qui n’ont que la violence comme mode d’expression.
En ce qui les concerne, nos forces de maintien de l’ordre perdurent inlassablement leur quête des voies et moyens susceptibles de concourir au maintien de la sacralité des droits de l’homme et du citoyen. Une approche pacifiste déclinée en une pratique sympathique qui leur vaut les félicitations appuyées du Président de la République, garant constitutionnel de la sécurité de tous.
Les Sachons restent vigilants,
les Sachons restent patriotes,
les Sachons restent définitivement républicains. /-






