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Solidifier l’expertise judiciaire face aux Violences contre les femmes et les filles: l’ONG ACAHIJEC/Centre AFIRI rassemble les acteurs de la chaîne.

C’est à la faveur d’un conclave organisé le 5 décembre 2025 par ,l’ONG portée par Yvonne Flore Belema. L’initiative qui bénéficiait du soutien du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff), visait à établir un dialogue constructif et à harmoniser les pratiques professionnelles afin de bâtir une réponse judiciaire crédible, éthique et résolution centrale sur la victime. Il s’agit d’un pas de géant pour l’ONG, qui, après avoir marqué son influence dans des affaires clés comme celle de Diane Nyango, ambitionne de créer un nouveau paradigme pour les survivantes de violences basé sur le genre (VBG).



La nécessité de cette rencontre trouve ses racines dans un contexte préoccupant, marqué par des chiffres alarmants et des dysfonctionnements systémiques. Les données administratives révèlent une réalité glaçante avec plus de 6 600 cas de violences ont été enregistrés en 2024 par le Minproff, dont une partie significative de 142 violations, tandis que le Ministère de la Santé (Minsanté) a recensé 5 741 cas. Ces statistiques ne sont que la partie visible d’un iceberg rongé par un taux d’impunité élevé, aggravé par la stigmatisation sociale tenace et une coordination souvent déficiente entre les différentes instances chargées de l’application de la loi et de l’accompagnement des victimes. L’ONG ACAHIJEC/Centre AFIRI, par la voix de sa présidente Yvonne Flore Belema, a exprimé sa détermination à réformer l’environnement judiciaire, car « le plaidoyer auprès de la chaîne pénale est essentiel, parce que nous accompagnons les survivantes de ces violences et nous faisons face aux difficultés lorsqu’elles vont dans les gendarmeries et commissariats. » L’objectif est clair : « On s’est dit qu’il fallait bien qu’on adresse ce problème pendant la campagne des 16 jours d’activisme pour essayer de voir comment renouer cette confiance entre les survivantes et les agents de la chaîne pénale. Vous savez c’est difficile et douloureux d’être victime et aller la où vous espérez avoir la solution sans être bien traité. » L’espoir est palpable : « Nous espérons qu’avec le discours du chef de l’Etat, au sortir de cet atelier la femme victime de violence sera protégée », a-t-elle ajouté, soulignant l’importance d’une prise en charge digne et respectueuse.



L’engagement de l’UNFPA dans cette lutte est indéfectible. Liliane Munezer, représentante de l’organisation, a rappelé que « la lutte contre les VBG est une priorité au sein de notre mandat. L’un de nos résultats transformateur c’est la lutte contre ces VBG et les pratiques néfastes et l’un des piliers essentiels de cette lutte c’est l’accès aux services juridiques et judiciaires pour tous les survivants de cette violence. » La présence des différents acteurs, des membres de la société civile aux experts de la chaîne pénale, atteste d’un « engagement collectif » face à des pratiques qui « accentuent la revictimisation et le désespoir en compromettant la confiance dans le système judiciaire et en posant un risque réputationnel majeur pour les institutions », selon les termes de l’ONG. L’UNFPA, déjà engagé dans le renforcement des capacités et le soutien financier au gouvernement pour la prise en charge des victimes, réaffirme son intention de poursuivre cet apport technique et financier. Le conclave a ainsi fédéré des représentants des forces de maintien de l’ordre, des associations et organisations de la société civile dédiées à la protection des femmes et des filles, le club de la masculine positive, le HCR, Plan Cameroun, et d’autres partenaires, tous unis dans la conviction qu’une collaboration renforcée et des procédures pénales plus robustes sont indispensables pour éradiquer la violence à l’encontre des femmes et des filles au Cameroun.

Esther Eba

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