
Reconnue pour ses faits d’armes en matière de leadership féminin en faveur de la protection des droits humains en général, et des femmes et jeunes filles en particulier, la Magistrate de formation originaire du Cameroun a été honorée le 22 novembre 2025 à Johannesburg, en recevant le Prix International des Droits de l’Homme. C’était au cours de la célébration du 10ème anniversaire de l’Institute for African Women in Law, une Organisation Non Gouvernementale à mais non lucrative.
Son engagement à rétablir l’égalité de tous devant la loi est son leitmotiv depuis 13 ans qu’elle a rejoint le corps de Magistrature. Réputée pour sa discipline et la rigueur Rosine Bela Eyébé dans sa casquette de Magistrat éprouve beaucoup de sensibilité aux divers actes de violences contre la femme et la jeune fille dans notre société. Ayant déjà cumulée 13 années d’expertise au service de la justice internationale où elle a démontré au monde de quoi elle est capable, la lauréate qui ne compte pas arrêter son combat en si beau chemin se réjouit de sa carrière professionnelle: « Avec le recul, je suis reconnaissante de mon parcours jusqu’à présent et je ne changerai rien, car chaque étape de mon expérience professionnelle, chaque décision que j’ai prise, bonne ou mauvaise a contribué à faire de moi la femme professionnelle que je suis aujourd’hui, et j’en suis favorable », soutient pince-sans rire Rosine Bela Eyébé. Grâce à ce courage, la lauréate qui a été portée au panthéon du droit international est une voix sur laquelle le Cameroun pourrait désormais compter pour mettre sur pied des mécanismes plus fiables qui mettraient un terme aux violences conjugales.
Tout en exprimant sa reconnaissance à l’Institute for African Women in Law qui a reconnu son apport dans la défense des droits de l’homme, depuis 2022, Rosine Bela Eyébé travaille à la Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine (Minusca) : « J’assume les fonctions de cheffe par intérim de l’Unité chargée de l’appui aux juridictions et aux poursuites », Informe-t-elle. Cependant, entre 2019 et2 022 Rosine Bela Eyébé a agi entre en tant qu’experte technique des Nations Unies. Par ailleurs elle a supervisé la conception et la mise en œuvre d’un projet renforçant l’État de droit et les capacités des autorités judiciaires nationales dans la lutte contre l’impunité des crimes internationaux, tels les violences sexuelles liées au conflit. Pourtant, la signature de son premier contrat avec une juridiction internationale, en tant que juriste associé (2014 à 2018), au Tribunal Pénal International pour l’Ex Yougoslavie (TPIY), constitue un des moments les plus marquants de sa vie professionnelle ; « c’est l’aboutissement de nombreuses années de travail acharné », at-elle confié. Auparavant, entre 2016 et 2019, elle a été enquêtrice adjointe auprès de la Cour Internationale à La Haye. Elle a apporté une assistance juridique aux juges, menant des recherches en droit international humanitaire et en droit pénal international. Avec cette prestigieuse Rosine Bela Eyébé qui écrit son nom en lettre d’or dans les anales du droit international, ambitionne de révolutionner le domaine de la Magistrature qui est selon de nombreux observateurs, « actuellement prise en otage par le pouvoir exécutif dans plusieurs pays ».
André Betondo Oloumou






